Les Œuvres
Les splendeurs de la musique baroque
Vivaldi, Mondonville, Bach
Articles de Thierry Merle
Splendeurs de la musique baroque
Les concerts du printemps 2026 de l’Ensemble Vocal du Dauphiné vous proposent trois des compositions du grand répertoire baroque parmi les plus connues et appréciées du public :
- Le Gloria de Vivaldi, œuvre ensoleillée et emblématique de l’auteur des 4 saisons,
- Le De Profundis de Mondonville, très peu connu puisque l’Ensemble Vocal a dû en reconstituer certaine parties pour son exécution. Nous sommes en face d’un joyau de la musique française du XVIIIème siècle,
- Enfin, le Magnificat de Bach, une des œuvres les plus appréciées de tout le répertoire européen.
Gloria RV 589 d’Antonio Vivaldi
Le Gloria RV 589 de Vivaldi, exhumé d’une bibliothèque dans les années 1950, est une des des œuvres les plus plébiscitées par le public.
C’est une œuvre typiquement vivaldienne par ses rythmes alertes et ensoleillés. Dès les premières mesures du mouvement initial, l’allegro imprègne un motif qui met la joie dans le cœur des auditeurs.
La trompette gambadante, le hautbois lui répondant puis le chœur enjoué, impriment cette partition dans les grandes pages de l’histoire.
Même si les solistes ont un rôle de second plan, le chœur maîtrise le discours. Tout serait à citer dans cette page admirable mais on peut souligner :
- la beauté ineffable du Et in terra pax
- celle immédiate du Domine fili où Vivaldi se plaît à jouer sur la couleur de chaque pupitre.
300 ans après avoir été écrite, cette page du compositeur Vénitien ne cesse de nous émouvoir et de nous dire que les temps seront toujours ensoleillés !
De Profundis de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville
Voici une partition dont on ne soupçonnait pas l’existence il y a quelques année. Mondonville fut longtemps traité comme un compositeur mineur avant que l’on exhume ses partitions pour chœur et orchestre.
Le De Profundis est une œuvre sombre, ouvrant sur un chœur désolé,où l’orchestre n’aligne qu’une flûte en plus des cordes. La progression sensible tout au long des mouvements permet de goûter à ce chef d’œuvre resté trop longtemps dans l’ombre.
Le premier chœur peu convenu, mais très versaillais par sa métrique, est suivi par :
- un solo pour contralto accompagné par une flûte plaintive lui succédant
- puis un air pour basse d’une beauté quasi plastique
- enfin un solo de soprano d’une virtuosité implacable qui entraîne le chœur avec elle.
Mais c’est le dernier mouvement Requiem aeternam qui, à lui seul, propulse cette œuvre au rang des chefs d’œuvre de la musique baroque. Alors que les basses lancent une phrase solidement charpentée, les autres pupitres répondent par trois fois sur des harmonies aériennes et douces.
La fugue finale sur le Et lux perpetua clôt cette œuvre singulière qu’il convient de faire connaître au monde mélomane.
Magnificat de Jean-Sébastien Bach
- le modèle d’équilibre
- la variété du discours
- le contraste se lisant à chaque page de la composition
en font l’un des chefs d’œuvre de la musique occidentale.
L’orchestre est un partenaire rivalisant avec le chœur. En plus des cordes, Bach lui assigne 2 flûtes, 2 haubois, et surtout 3 trompettes et timbales qui donnent un aspect jubilatoire d’une puissance inégalée.
Bach a de surcroît le sens de la couleur qui fait chanter chaque instrument. C’est ainsi que l’on entendra :
- le hautbois solo dans le Quia respexit
- un duo de flûtes dans le Esurientes
- et le solo époustouflant de la première trompette dans le Fecit potentiam
Les solistes sont mis à l’honneur avec pour chacun d’eux un air qui sait mettre en valeur le timbre et le port de la voix.
Interviendront successivement la soprano, la basse puis le ténor et enfin l’alto.
Le chœur enfin est au centre du jeu. Ce chœur jubilatoire est à 5 voix comme chaque fois que Bach ou Haendel ont quelque chose d’important à dire, avec deux parties de sopranos.
Mais ici, il va de vocalises en vocalises et transmet la joie débordante du Magnificat non seulement au peuple chrétien, mais à la terre entière !
Zadock the Priest de Georg-Friedrich Haëndel
Si le public le demande…une courte pièce d’Haendel « Zadock The Priest » clôturera le concert. Il s’agit d’un condensé de l’œuvre de Haendel où le compositeur utilise les formidables réserves de puissance permises par un chœur à 7 voix mixtes. Un orchestre jubilatoire dont la distribution est identique à celle du Magnificat l’accompagne.
Zadock The Priest est donné à chaque évènement lié à la couronne d’Angleterre et son introduction sert de générique aux compétitions internationales de football…
C’est ça le génie d’une œuvre : savoir parler au plus grand nombre, trois siècles après avoir été écrite !
